cocossinel

Mardi 31 juillet 2007 à 16:08

J'ai envie d'écrire. Juste écrire. Aligner les mots, faire des phrases, raconter des choses, décrire des sentiments, faire évader les gens. Mais je n'ai plus d'endroit pour écrire confortablement dans mon journal, et puis il n'est pas fait pour ça, c'est un exutoire pour ma ‘vraie' vie, pas un outils de passe temps. Et je ne sais pas où j'ai rangé « mon conte », de toute façon, je n'arrive pas à l'avancer, je n'arrive pas à imaginer la suite, à continuer. Comme pour moi, la vie de mon héroïne est arrêtée à un point, elle ne sait pas ce qui l'attend, n'arrive pas à se décider, n'a pas beaucoup d'options, ou en tout cas ne les voit pas. La suite de sa vie est un mystère.


Ecrire. Mais écrire quoi. Que je m'ennuie ? Quel intérêt ? Parce que je veux être lue aussi. Quelle stupide exigence. Pourquoi ne pas vouloir être reconnue pendant qu'on y est ? Pourtant c'est ce que je veux. « Qu'est ce que tu veux faire plus tard ? » Alors que les autres petites filles répondaient naïvement princesse, ou institutrice, moi, je voulais devenir poétesse. Ecrire des livres, aussi facilement qu'on écrit une lettre à ses grand parents ou à sa meilleure amie, être découvert par un grand éditeur, vendre des best seller, être apprécié de tous. Un peu comme JK Rowling. Ou Tolkien, ou Hitchcock, Stephen King, et tous les autres.


Pourtant je ne veux pas être célèbre. Je suis bien trop pudique pour ça. Introvertie, égoïste et je n'aime pas les gens. Mais les écrivains, sauf JK Rowling, on connaît leurs œuvres, mais on fait moins attention à leur vie, ils n'y a pas de paparazzi qui campent devant chez eux, pas de magazines qui s'intéressent à leur vacances à la plage, à leurs amours ou leurs enfants, ils ne sont pas harcelés dans la rue pour des autographes, ils n'ont pas à faire leurs courses à Carrefour mal fringués avec des lunettes noires et un couvre chef. Alors la ‘célébrité' des écrivains, en fait, je la veux bien. Un talent reconnu nationalement. Etre traduite dans le monde entier. Donné envie à des jeunes d'écrire à leur tour, mieux, inspirer ces jeunes. Avoir un style à part. Etre étudiée dans les collèges et lycées. Quel narcissisme.


D'autant que pour tout ça, il faut que je pense à me mettre à écrire sérieusement. Je suis trop vieille pour ne compter que sur mon jeune âge pour être publiée. Parce que quand on a 14 ans et qu'on écrit un livre, on a plus de chance d'être un phénomène, et donc d'attirer les médias et les éditeurs. Trop facile. J'aurai du finir « mon conte » à cet âge là, je pouvais, voulais, mais trop la flemme, je sais pas. Commencer une autre histoire ? Mais par quoi ? Un classique « il était une fois » ? Et puis choisir des héros, une histoire extraordinaire, ou très ordinaire, mais racontée extraordinairement. Et puis déjà penser à la fin, pour ne pas rester bloquée au milieu du livre.


Etre original. Raconter différemment une histoire ni vécue ni déjà écrite. Comment on fait quand on ne lit pas, et qu'on a une vie totalement plate ? Faire une autobiographie ? Pour que les gens lisent qu'une ado aime un garçon qui ne l'aime pas, que cette ado essaye de s'intéresser à d'autres garçons qu'elle n'aime pas, et qu'elle ne supporte pas son frère qui lui vole ses amis. Waw. Pourtant, plus j'écris dans mon journal, et plus j'ai envie qu'il soit publié, un jour. Un jour quand je n'aurai plus aucun lien avec les protagonistes, quand je serai grande, quand je m'ennuierai dans mon boulot et que j'essayerai de renouer avec ma première passion, un jour quand je ne serai plus pudique, introvertie, égoïste et que j'aimerai les gens.


Voilà, je ne sais déjà plus quoi écrire. Pourtant je veux continuer. Ca me plait d'écrire instinctivement, de rebondir sur mes propres idées, de m'auto flageller, m'ouvrir les yeux. Et je m'imagine déjà en train d'imprimer ces paragraphes, et les faire lire, le recopier sur mon blog, et les faire lire, les donner à mes amis, et les faire lire, attendant les compliments. Je veux qu'on m'envoie des fleurs. Je veux qu'on me félicite, qu'on me reconnaisse. Je ne suis pas prête de publier mon journal (qui serait évidemment accompagné de mes blogs imprimés). Pourtant, ça n'a aucun espèce d'intérêt ce que je raconte dans ses paragraphes. Juste moi qui pense, qui imagine, qui rêve et qui s'ennuie. Je le ferai peut être lire, à ma mère, je le mettrai peut être sur mon blog, et j'attendrai. Qu'on m'envoie des fleurs, qu'on me félicite et qu'on me reconnaisse. Et puis je n'aurai peut être pas tant d'avis que ça, je ne les croirai peut être pas, les gens peuvent être vraiment faux culs. De toute façon, ils seront très peu à le lire, vraiment, à essayer de comprendre, à s'y intéresser, se sentir comme moi. Ceux qui écrivent peut être, se sentiront concernés, et encore. Je ne fais que montrer mon narcissisme.


Alors quoi ?


Il était une fois une jeune fille. Pourquoi toujours des filles ? JK Rowling elle raconte bien la vie d'un garçon ! Et pourquoi jeune ? Pourquoi je ne peux pas me mettre dans la peau d'une adulte ? Il ne me manque pas tant de données que ça pourtant… L'héroïne de << mon conte >> est une enfant, elle avait 6 ans au début, et maintenant elle en a 9, pour plus de crédibilité. Au mieux, mes personnages d'un délire sont des ados, 16 ans, guère plus. Soit. Qu'est ce qui lui arrive à cette jeune fille ? Elle a une meilleure amie, bien sûr, l'une des deux est le modèle de l'autre, elle a tout pour elle. Ce sera mon héroïne. Parce que je ne veux que raconter la vie d'une fille au caractère bien trempé, qui a de la répartie, qui est intelligente, appréciée de tous, et qui, bien sûr, est très jolie. Brune, toujours. Est-ce que je cherche à créer mon antonyme ? Peut être. Et puis il y aura aussi un garçon. Lui, il l'aime, parce qu'elle est géniale, mais il est trop timide. Elle, elle l'apprécie, mais ne le voit que comme un ami, parce que c'est plus facile comme ça, elle est indépendante. Mais à la fin « ils se marieront et auront beaucoup d'enfants ». Parce que c'est inévitable. Elle n'aura pas d'amour secret pour un garçon à fière allure et chouchou des filles, parce qu'elle est trop bien pour souffrir à cause d'un garçon qui ne lui montre pas d'intérêt. Ou bien parce que je ne sais pas ce que fait une fille avec du caractère pour attirer les garçons. Bien sûr, mon héroïne aura des problèmes à la maison, parce que c'est trop facile sinon. Ses parents l'aimeront, mais ne s'occuperont pas beaucoup d'elle, ça renforce son caractère. Ou bien ils se disputeront et divorceront, mais je ne sais pas ce que c'est, des parents qui se disputent. Ou bien l'un d'eux mourra, ça aussi, ça renforce le caractère.


Voilà, l'histoire est finie. Il n'y a pas de gros soucis, ‘d'élément déclencheur', ni de ‘dénouement'. C'est l'histoire d'une fille qui a envie d'écrire, mais qui est trop centrée sur elle-même pour y arriver. C'est l'histoire d'une fille qui n'a pas de problème et qui n'arrive pas à en créer à ses personnages. C'est l'histoire d'une fille qui n'aime pas son caractère, et dont l'héroïne a toutes les qualités qu'elle aimerait avoir. C'est mon histoire…

Samedi 28 juillet 2007 à 20:17

Retour interessant dans les années 90 cet aprem.

On est allé à la plage avec des potes, et l'un d'entre eux a eu la bonne idée de piquer la voiture de ses parents. Enfin voiture, mini van. 9 places. Mais pas les trucs d'aujourd'hui, où on peut enlever tous les sièges, super confortables et relativement petit d'extérieur. Non. Le gros truc dont la carosserie est menaçante, vous savez, ce truc qu'on prend quand on a des sorties avec la mairie quand on est jeune.

Et tout dans ce van était resté bloqué aux années 90. Le plus flagrant était la musique, la radio qui ne capte pas évidemment, et un CD avec les plus grands tubes de ces années : Notre Dame de Paris, Manau, Le Lac du Conemara, Sos -je sais pu trop quoi-... Et puis on a trouvé une espèce de game boy aussi, avec plein de mini jeux, du genre tetris, ou une course de voiture, ou le casse brique, et le petit vaisseau qui doit tirer sur les blocs qui viennent vers lui. Y avait aussi un labyrinthe pour bille. Et des balles, avec bambi dessiné dessus.

Et pour parfaire le décore colonie de vacances des années 90, on avait la planche et un canoë en plastique jaune sur le toit.

C'était très sympa, ce retour en arrière.

Et pis même que j'ai super bronzé et que mon cul l'est tout blanc.

Jeudi 26 juillet 2007 à 18:19

Oui, parce que ça fait deux ans que je devais faire mon vaccin DT POLIO (contre la Diphtérie, le Tetanos et la Polio), alors après un tatouage et deux dons du sang, il était temps de passer à l'acte.

Paradoxe. J'essaye de retrouver des sentiments d'enfance que je n'ai jamais connu (par le cirque notamment, mes livres), et puis en même temps je grandis très vite.

Cela fait une semaine que j'ai passé mon code, déjà. Cette semaine m'a parut une éternité, à force de tourner en rond. Et puis mon bonsaï m'a lancé : je refais toute la déco de ma chambre. Ambiance asiatique, noir et blanc à fond. On vire l'armoire et on prend des étagères design, on repeint le petit lit de bébé fabriqué par papy, on dit aurevoir aux vaches et on achète d'autres parures de lit, on accueille un tapis flamboyant, on vire le burau bancal qui était caché sous un amas indéfinissable, et surtout, on trie. On vire toutes les affaires scolaires, les papiers, les jouets kinder, les trucs qu'on sait plus d'où ça sort même si on est certain qu'ils ont eu leur importance, on range soigneusement tous les souvenirs dans une grande boîte, et on fait le ménage.

On grandit. On se projette dans sa futur vie. On s'imagine dans son futur appart, à choisir ses futurs meubles. Passer le permis, et avoir un boulot. On envisage enfin les gosses, moi qui ai renié pendant 18 ans une quelconque fibre maternelle. Voilà, mon BTS et mon code en poche m'ont projettés très loin, alors qu'il y a quelque mois, ce jour était sombre et incertain.

Et puis en plus, au chiffre et des lettres, le score est de 51 à 69...

Vendredi 20 juillet 2007 à 11:43

Je me souviens que je suis allée au cirque avec ma maman, et que avec elle. C'était un cirque Zavatta, s'il vous plaît ! Petit cirque de campagne installé sur un terrain vague pour deux semaines, avant de repartir pour son tour des villages de France. On avait pris les meilleures places, dans une loge, c'est à dire des chaises en plastiques juste à côté de la piste. La musique était très forte et on avait la lumière en pleine face, mais les animaux passaient juste à côté de nous. Les artistes étaient pas très nombreux, et chacun faisait plusieurs numéros, et ils se débrouillaient quand même pas mal dans chaque.

Il y avait plein de chevaux, moi j'aime pas les chevaux, mais j'avoue qu'eux ils étaient magnifiques, avec un pelage soyeux qui brillait. Je me souviens que le premier dada, il avait quelque chose dans le regard de triste, quand il passait devant moi, j'avais l'impression qu'il pensait "Mais pourquoi j'fais ça ? J'en ai marre de faire ces tours ridicules qui servent à rien ! " . Les deux dadas noirs ils étaient fiers par contre du genre "Je fais mon boulot, et je le fais bien ! " .

Il y avait deux petits garçons, beacuoup plus jeunes que moi, de 4 et 6 ans peut être, qui avait fait un numéro, avec des oies ! C'était rigolo comme tout, les oies se cassaient la gueule, un des petit garçon n'en avait rien à foutre d'elles et regardait partout sauf ses protégées.

Il y avait des numéros plus traditionnels, mais moins impressionants qu'on voit à la TV. Il y avait de la jongle, de l'équilibrisme, de la corde lisse, du cerceau en hauteur, du houla hop, et une espèce de barre en hauteur dont 'ignore le nom.

Il y avait un clown bien sûr, mais je ne me rappelle plus de ses sketchs (il en a fait deux). Mais je sais que le premier ne m'a pas fait rire, du tout, je me demandais ce qu'il racontait, pourquoi ça devait être drôle. Le deuxième était un peu mieux, je crois.

Et puis il y avait d'autres animaux plus étranges : il y avait un chameau et deux dromadaires, et ça je m'en souviens parce que ma maman était morte de rire à cause de leurs lèvres proéminantes qui sautaient, comme leurs bosses, en même temps qu'ils courraient. Et il y avait des zébus ou des buffles, je sais plus trop, et puis des serpents. Et même que je suis allée au milieu de la piste pour prendre un Python sur mes épaules, et j'ai adoré ça !

J'ai étais déçue parce qu'il y avait un tigre dans leur zoo, mais il n'a fait aucun numéro. Mais il y avait trois lions par contre, et ils étaient très en colère ! J'ai eu peur pour le dresseur, vraiment !

Et pendant tout le long du spectacle, ma maman et moi on arretait pas de faire les folles ! On applaudissait à tout va, même quand ils ne faisaient que changer la piste ! Les autres enfants ils faisaient que regarder et attendre alors que nous on rigolait et on rigolait ! Et puis on a acheté des tickets pour la loterie, donc ma maman m'a offert un gros ballon rond, avec un elastique pour le faire rebondir très vite, et moi je lui ai donné une bague que j'avais gagné.

On s'est amusée comme des folles. C'était avant hier. J'avais jamais été au cirque, ou en tout cas, je ne m'en rappelle pas. Alors que tous mes frères se sont exlamés "Ho, j'avais eu le même en allant au cirque !" en voyant mon ballon.

J'essaye de rattraper mon enfance comme je peux. Je re lis aussi tous mes livres de jeunesse, "L'affaire poupoune", "Les sorcières de Rochenoire", "On a mangé l'alphabet"... Et même que ça me plaît.

Peut être qu'un jour je serai capable d'apprécier les batailles d'eau, les batailles dans l'eau, les batailles de cailloux, et tous ces jeux collectifs qui me rébutent...

Lundi 16 juillet 2007 à 21:12

Je voulais faire un article sur le feu d'artifice, parce que j'étais à celui de Cannes pour le 14 Juillet, que j'en n'avais jamais vu d'aussi magnifique. Je voulais raconté à quel point j'avais été ébahi par ce que peut faire ressentir quelques pétards sur une musique. Je voulais décrire ce moment unique, magique, et autre trucs qui se finissent en "ique".

Et puis je voulais aussi dire que j'ai été une nouvelle fois déçue par le film d'Harry Potter, adapté du livre. Je voulais m'ennerver contre tous les passages qu'ils ont sauté, m'insurger contre les scènes modifiées, me révolter contre les personnages changés.

Et puis mon frère est rentré du boulot en nous annonçant que Pierre a la leucémie, qu'il est à l'hôpital de Nice, attendant une greffe de moëlle osseuse. Puis Jérôme m'a appris qu'il avait les symptomes depuis février, mais qu'il n'y avait rien dans les résultats sanguins, qu'il a commencé la chimio, et qu'il a de grandes chances de s'en sortir... Mais quand même. Pierre a 21 ans. C'est mon voisin. Un très bon pote de mon frère. Ses parents sont pour ainsi dire les seuls amis des miens de toute la ville. Cela fait 11 ans que nos deux familles se connaissent, et s'offrent des oeufs en chocolat pour Pâques, et prennent l'apéro ensemble dans l'été. Pierre venait de se poser, de trouver un bon job, de s'installer avec sa copine.

Ca fout les boules.

Tout paraît beaucoup plus futile.

Ca fout encore plus les boules quand votre mère énonce tous les décès dans chaque famille de chaque voisins, tous dans les quelques dernières années, tous entourant notre maison...

C'est assez perturbant.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | Page suivante >>

Créer un podcast